Les chefs de police européens soulignent la nécessité de nouveaux mécanismes ou législations permettant un accès légal aux informations dans des circonstances spécifiques et justifiées
Les chefs de police européens, soutenus par Europol et d’autres agences d’application de la loi, ont exprimé, dans un communiqué commun le 18 avril dernier, leurs préoccupations concernant les pratiques croissantes des entreprises technologiques qui mettent en œuvre des mesures de confidentialité strictes, en particulier le chiffrement de bout en bout. Cette technologie de confidentialité avancée empêche toute personne autre que les utilisateurs communiquant d’accéder aux messages, y compris les entreprises technologiques elles-mêmes. Bien que cela renforce la confidentialité individuelle, cela pose des défis considérables pour les forces de l’ordre.
La mise en œuvre du chiffrement de bout en bout est particulièrement problématique pour les autorités car elle entrave leur capacité à surveiller les communications en ligne et facilite les activités criminelles. Des crimes tels que les abus sexuels sur enfants, la traite des êtres humains, le trafic de drogue, les homicides, les crimes économiques et le terrorisme sont complexes profitent bien sûr de ces mesures sur les plateformes numériques.
La déclaration commune publiée et intégrée ci-dessous souligne le besoin urgent d’une approche équilibrée qui garantit la sécurité et la confidentialité des communications numériques sans compromettre la capacité des agences d’application de la loi à effectuer des interventions. Ils insistent sur le fait que garantir la sécurité publique devrait être un effort conjoint des gouvernements et de l’industrie technologique. Cela ne devrait pas reposer uniquement sur les entreprises technologiques ou l’application de la loi de manière indépendante, mais plutôt sur une stratégie coopérative et intégrée.
Cet appel des polices émerge alors que Meta commence à mettre en œuvre le chiffrement de bout en bout à travers ses plateformes de messagerie, signalant un changement de cap crucial dans les normes de confidentialité. Les chefs de police européens soulignent la nécessité de nouveaux mécanismes ou législations permettant un accès légal aux informations dans des circonstances spécifiques et justifiées. Ils suggèrent que cela peut être réalisé sans compromettre l’intégrité globale et la sécurité offertes par le chiffrement de bout en bout.
Pour en savoir plus
et le communiqué commun des chefs de police européens:
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