TL;DR : L’essentiel
- En 2025, 72 attaques physiques confirmées ont généré plus de 40 millions de dollars de pertes. Les auditeurs qualifient désormais la détention d’actifs numériques de risque vital face à cette violence inédite.
- L’Europe concentre 40% des incidents mondiaux, avec la France en tête (19 attaques). Cette statistique révèle une spécialisation inquiétante des réseaux criminels locaux dans le ciblage violent des investisseurs et de leurs familles.
- Ce phénomène découle d’un paradoxe technique : face à l’inviolabilité du chiffrement, les criminels privilégient désormais le kidnapping et la torture, méthodes moins coûteuses et plus efficaces qu’une cyberattaque complexe pour obtenir les clés.
- En riposte, les assureurs comme Lloyd’s lancent des couvertures anti-extorsion jusqu’à 100 millions de dollars. Ces contrats imposent toutefois des protocoles stricts, tels que les portefeuilles multi-signatures, pour limiter les transferts forcés.
La sécurité de la blockchain s’arrête désormais là où commence la vulnérabilité humaine. L’incident critique impliquant un cofondateur de l’entreprise Ledger illustre violemment cette nouvelle réalité : une vidéo envoyée aux dirigeants montrait la main mutilée de la victime, amputée d’un doigt par des ravisseurs exigeant une rançon massive. Si l’homme a été libéré par des commandos après le paiement d’un bitcoin pour gagner du temps, cette affaire démontre que même les experts de la sécurisation matérielle ne sont pas à l’abri. Cette tendance lourde s’est confirmée début 2025, avec huit attaques recensées rien qu’en janvier.
Pourquoi la wrench attack crypto explose-t-elle malgré la sécurité technique ?
L’augmentation drastique de la violence physique résulte directement de l’amélioration des protections virtuelles. Comme le souligne CoinDesk, le secteur fait face à un « paradoxe technique » : plus la technologie blockchain devient inviolable, plus l’humain qui détient les clés devient le maillon faible. Les pirates, incapables de contourner le chiffrement à distance, optent pour la coercition immédiate. Cette méthode permet aux criminels de forcer la victime à effectuer un transfert vers un portefeuille offshore sans avoir à transporter de butin physique. Le modus operandi inclut désormais des scénarios de « honey pot », où de fausses relations amoureuses sont tissées patiemment pour piéger la cible et organiser une agression.
L’Europe est-elle devenue la cible privilégiée des réseaux organisés ?
Contrairement aux idées reçues, ces attaques Wrench attack ne visent pas uniquement les « baleines » ultra-fortunées. Les données analysées par CoinTelegraph révèlent que des investisseurs modestes sont également ciblés, avec des cas de meurtres pour des montants de 50 000 dollars et des enlèvements pour des sommes avoisinant seulement 6 000 dollars. Un détenteur italien a ainsi été torturé lors d’un séjour à New York, prouvant que la menace est transfrontalière. Face à cette insécurité, certains fondateurs et particuliers fortunés optent pour l’anonymat opérationnel total ou la relocalisation géographique. En réponse technique, le concept de « panic wallet » émerge : des portefeuilles capables d’envoyer des leurres ou d’effacer les soldes lorsqu’ils sont activés sous la contrainte.
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Comment l’assurance crypto s’adapte-t-elle au risque d’extorsion ?
La reconnaissance de ce risque de Wrench attack par les institutions financières traditionnelles marque une étape de légitimation pour le secteur. Selon Fortune, l’offre d’assurance contre les attaques à la clé à molette impose cependant une rigueur technique aux assurés. La souscription nécessite la mise en place de systèmes « multi-sig », exigeant plusieurs signataires pour valider une transaction, ou de verrous temporels. Bien que ces polices excluent les piratages informatiques classiques ou les saisies gouvernementales, elles couvrent la perte des actifs transférés sous la menace. Les experts recommandent néanmoins une discrétion absolue, conseillant d’éviter tout signe extérieur de richesse numérique, tant en ligne que dans l’espace physique (« meatspace »), pour ne pas devenir une cible.
L’industrie entre dans une ère où la protection des clés privées ne suffit plus sans une protection de l’intégrité physique de leurs propriétaires, redéfinissant les standards de la sécurité personnelle.
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