TL;DR : L’essentiel
- WhatsApp a averti 200 utilisateurs, principalement en Italie, victimes d’une version piratée de son application iOS contenant un spyware capable d’exfiltrer des messages et d’enregistrer l’audio à distance.
- L’entreprise italienne SIO, via sa filiale Asigint, est accusée d’avoir développé ce programme malveillant nommé Spyrtacus pour le compte d’agences gouvernementales et de services de renseignement nationaux.
- Sur Windows, une campagne distincte utilise des scripts Visual Basic et des services cloud comme AWS pour installer des accès distants persistants, illustrant la sophistication des attaques par ingénierie sociale.
WhatsApp a récemment notifié environ 200 utilisateurs, principalement basés en Italie, qu’ils ont été la cible d’un spyware sophistiqué diffusé par une version contrefaite de son application iOS. Selon The Hacker News, les attaquants utilisent l’ingénierie sociale pour inciter les victimes à installer un logiciel malveillant imitant parfaitement l’interface officielle. La plateforme a déjà déconnecté les comptes compromis et recommande la suppression immédiate de ces applications tierces infectées.
SIO et Spyrtacus : l’industrie du spyware au cœur de l’Italie
La société italienne SIO, à travers sa filiale Asigint, est pointée du doigt pour avoir conçu ce client frauduleux. Comme l’indique The Next Web, le logiciel espion Spyrtacus permet de dérober les historiques de chat et les journaux d’appels, tout en activant secrètement le microphone et la caméra. En Italie, les autorités collaborent parfois avec des opérateurs mobiles pour envoyer des liens de phishing, transformant les réseaux de communication en canaux de distribution pour des outils de surveillance étatiques à bas coût.
L’Italie est désormais considérée comme une plaque tournante pour ces technologies, hébergeant des éditeurs de logiciels spyware. Parallèlement, des incidents similaires ont été signalés en Grèce, où la justice a récemment condamné les dirigeants du consortium Intellexa à des peines de prison pour l’usage illégal du logiciel Predator. Ces affaires soulignent le manque de transparence entourant l’acquisition de tels outils par les gouvernements européens.
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Attaques sur Windows et exploitation des services cloud
Outre les mobiles, WhatsApp est également le vecteur d’une campagne ciblant les systèmes Windows. D’après une analyse de Microsoft, des messages malveillants délivrent des scripts Visual Basic (VBS) pour établir un accès distant. Les attaquants utilisent la technique du « living off the land » en renommant des utilitaires système légitimes comme curl.exe en netapi.dll pour échapper aux solutions de sécurité traditionnelles.
Le processus d’infection s’appuie sur des infrastructures de confiance telles que AWS, Tencent Cloud et Backblaze pour héberger les charges utiles. Selon Malwarebytes, l’attaque se termine par l’installation de packages MSI non signés, garantissant une persistance totale sur la machine. Pour contrer ces risques, The Register souligne l’importance d’activer les paramètres de compte stricts et de bloquer les aperçus de liens pour les utilisateurs à haut risque.
Le déploiement massif de ces outils par des acteurs privés pour le compte d’États rend la distinction entre sécurité nationale et intrusion illégale de plus en plus poreuse pour les praticiens du secteur.
FAQ : WhatsApp et spyware Spyrtacus, comment s’en protéger ?
Quel est le mécanisme d’infection du spyware sur WhatsApp ?
Des attaquants ont utilisé des techniques de manipulation pour inciter des utilisateurs à installer une version non officielle de WhatsApp sur iPhone et Windows. Sur iOS, il s’agissait d’une application frauduleuse développée par la firme italienne SIO. Sur Windows, l’attaque passait par des scripts malveillants envoyés via des pièces jointes piégées.
Logiciel espion (spyware) : de quoi s’agit-il exactement ?
Un spyware ou logiciel espion est un type de programme malveillant conçu pour s’infiltrer dans un appareil afin de collecter des données à l’insu de l’utilisateur. Dans ce cas précis, le malware Spyrtacus peut enregistrer des sons, des vidéos, lire les messages privés et accéder à l’historique complet des appels.
Quelles sont les conséquences pour la sécurité des données privées ?
Les victimes s’exposent à un vol de données personnelles et à une surveillance constante de leurs activités. WhatsApp a réagi en déconnectant les comptes affectés et en envoyant des notifications d’alerte pour stopper l’espionnage en cours et protéger l’intégrité des échanges.
Quels sont les bons réflexes de cybersécurité pour éviter ces menaces ?
Il est impératif de ne jamais installer WhatsApp via un lien reçu par message. Il faut utiliser exclusivement l’App Store (iOS) ou le Microsoft Store (Windows). Sur Windows, l’activation de l’affichage des extensions de fichiers permet de repérer les scripts suspects (finissant par .vbs) qui usurpent l’identité d’images.
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