Un fournisseur d’électricité ou de gaz, exploitant d’une infrastructure critique, peut-il être usurpé par e-mail ? Sa protection e-mail repose sur trois enregistrements publiés dans la zone DNS du domaine, qui permettent aux serveurs destinataires de démasquer la supercherie : SPF, DMARC et DNSSEC. Une fausse facture d’électricité, un faux avis de coupure ou une fausse demande de mise à jour des coordonnées bancaires inspirent une confiance immédiate quand ils semblent venir du distributeur local.
Analyses cybersécurité passives : Aucun scan de vulnérabilités, aucune tentative d’accès ni d’exploitation. Les contrôles se limitent à la lecture d’informations publiques que tout navigateur ou serveur de messagerie reçoit lors d’une connexion ordinaire au site.
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Au 9 octobre 2026, 493 sites des acteurs de l'approvisionnement énergétique suisse évalués (Sécurité e-mail) : 1 appliquent les bonnes pratiques (Enregistrements DNS publics qui empêchent d'envoyer un courriel en se faisant passer pour cette entité).
- Solide1(0%)
- Partiel144(29%)
- À renforcer348(71%)
Ces chiffres disent où en est le périmètre aujourd'hui. L'analyse consolidée montre leur évolution mois après mois et le plan d'action classé par gravité : voir l'analyse consolidée
Historique des évolutions
| Période | Solide | Partiel | À renforcer | Non évalué | Total |
|---|---|---|---|---|---|
| octobre 2026 | 1 | 144 | 348 | 0 | 493 |
Catalogue des contrôles
Voici le détail de chaque contrôle, regroupé par famille : fichier security.txt, en-têtes HTTP, enregistrements DNS. Chacun est évalué « Solide », « Partiel » ou « À renforcer » ; un contrôle qui n'a pas pu être mesuré (site injoignable, réponse DNS en échec) est « Non évalué » et ne compte ni comme réussite, ni comme défaut. Une question, ou besoin d'exclure un domaine ? Passez par le formulaire de contact.
Sécurité e-mail
Enregistrements DNS publics qui empêchent d'envoyer un courriel en se faisant passer pour cette entité.
Guide complet : SPF, DKIM, DMARC : le guide complet de la sécurité des emails
EMAIL-SPFExpéditeurs de courrier autorisés (SPF)CritiquePourquoi c'est important. Sans SPF, n'importe qui peut envoyer un e-mail qui semble venir de l'entité – fausse facture, faux avis officiel, demande de paiement -, et les serveurs des destinataires n'ont aucun moyen de le reconnaître comme faux. C'est la porte d'entrée classique de l'hameçonnage.
Comment ça fonctionne. SPF est une liste publiée dans le DNS du domaine : elle nomme les serveurs autorisés à envoyer du courrier en son nom (serveur de messagerie, service d'infolettre…). Elle se termine par une consigne pour tous les autres serveurs, et c'est cette consigne qui fait la protection : « -all » demande de rejeter leurs e-mails ; « ~all » demande seulement de les marquer comme suspects, sans obligation ; « ?all » ne demande rien ; « +all » autorise tout le monde.
Comment c'est évalué.
- Solide : la liste se termine par « -all » : tout expéditeur non autorisé doit être rejeté. Une liste qui renvoie à celle d'un autre domaine (redirect=) est également acceptée.
- Partiel : la liste existe, mais ne demande pas le rejet : « ~all » (simple marquage), « ?all » (aucune consigne) ou pas de consigne finale du tout. Un faux e-mail peut encore arriver en boîte de réception.
- À renforcer : aucune liste ; deux listes publiées en même temps (les destinataires doivent alors les ignorer toutes) ; ou une liste en « +all », qui autorise n'importe quel serveur.
Gravité critique : s'il est « À renforcer », toute la famille « Sécurité e-mail » est classée « À renforcer », quels que soient les autres résultats ; s'il est « Partiel », elle ne peut pas dépasser « Partiel ».
Comment corriger. Dans la zone DNS du domaine (chez l'hébergeur ou le registraire qui la gère), publier un seul enregistrement TXT commençant par « v=spf1 », qui liste tous les services d'envoi légitimes et se termine par « -all ». Le temps de vérifier que tous les envois légitimes sont bien listés, « ~all » peut servir d'étape.
Spécification RFC 7208 (SPF)EMAIL-DMARCPolitique appliquée aux courriels frauduleux (DMARC)CritiquePourquoi c'est important. SPF permet de reconnaître un faux e-mail ; DMARC dit au destinataire ce qu'il doit en faire. Sans DMARC, ou avec une politique trop souple, un e-mail qui usurpe l'entité arrive en boîte de réception. DMARC permet aussi de recevoir des rapports qui révèlent qui envoie du courrier au nom du domaine.
Comment ça fonctionne. DMARC est un enregistrement DNS publié sur _dmarc.<domaine>. Sa politique (p=) connaît trois niveaux : « none » observe sans rien bloquer, « quarantine » envoie les faux e-mails dans les indésirables, « reject » les refuse. La balise rua= désigne l'adresse qui reçoit les rapports. Deux réglages peuvent affaiblir un « reject » : pct= (appliqué à une partie des messages seulement) et sp= (règle plus souple pour les sous-domaines). Le chemin habituel : commencer en « none » avec rua= pour repérer tous les envois légitimes, puis passer à « quarantine », enfin à « reject ».
Comment c'est évalué.
- Solide : « p=reject » appliqué à tous les messages et à tous les sous-domaines, avec une adresse de rapports (rua=).
- Partiel : une politique existe, mais ne bloque pas tout : « p=none » (observation seulement), « p=quarantine » (indésirables plutôt que rejet), « p=reject » limité par pct= ou sp=, ou toute politique sans adresse de rapports. Le domaine n'est pas encore pleinement protégé.
- À renforcer : aucune politique DMARC ; deux enregistrements publiés en même temps (ignorés tous les deux) ; ou un enregistrement sans politique p= lisible.
Gravité critique : s'il est « À renforcer », toute la famille « Sécurité e-mail » est classée « À renforcer », quels que soient les autres résultats ; s'il est « Partiel », elle ne peut pas dépasser « Partiel ».
Comment corriger. Publier un enregistrement TXT sur _dmarc.<domaine> : commencer par « v=DMARC1; p=none; rua=mailto:dmarc@exemple.ch », analyser les rapports quelques semaines, puis durcir vers « p=quarantine » et enfin « p=reject ».
Spécification RFC 7489 (DMARC)EMAIL-DNSSECRéponses DNS signées et vérifiables (DNSSEC)MajeurPourquoi c'est important. Le DNS est l'annuaire d'Internet : il traduit le nom du domaine en adresses de serveurs, y compris pour le courrier. Sans signature, un attaquant peut falsifier ces réponses et envoyer discrètement visiteurs ou e-mails vers ses propres serveurs. DNSSEC protège aussi SPF et DMARC, publiés dans ce même annuaire.
Comment ça fonctionne. DNSSEC signe électroniquement les réponses du DNS du domaine ; les résolveurs qui vérifient ces signatures rejettent toute réponse falsifiée. L'activation se fait en deux temps : signature de la zone chez l'hébergeur DNS, puis publication d'une empreinte (enregistrement DS) chez le registraire.
Comment c'est évalué.
- Solide : les réponses DNS du domaine sont signées, et la signature est valide.
- À renforcer : la zone DNS n'est pas signée.
Gravité majeure : s'il est « À renforcer », la famille « Sécurité e-mail » ne peut pas dépasser « Partiel ».
Comment corriger. Activer DNSSEC chez l'hébergeur de la zone DNS (souvent une simple option), puis faire publier l'enregistrement DS chez le registraire du domaine – beaucoup le font automatiquement.
Guide nic.ch – DNSSECEMAIL-MTA-STSChiffrement SMTP forcé en transit (MTA-STS)MajeurPourquoi c'est important. Entre deux serveurs de messagerie, le chiffrement des e-mails est proposé mais pas imposé : un attaquant placé sur le réseau peut le faire sauter et lire les messages en clair. MTA-STS permet au domaine d'exiger le chiffrement pour le courrier qui lui est destiné.
Comment ça fonctionne. Le domaine publie un enregistrement DNS (_mta-sts) qui annonce une politique, et un petit fichier sur https://mta-sts.<domaine> qui la détaille. En mode « enforce », les serveurs expéditeurs refusent de livrer sans chiffrement. Seule la présence de l'enregistrement DNS est mesurée ici, pas le mode choisi.
Comment c'est évalué.
- Solide : l'enregistrement MTA-STS est publié.
- À renforcer : aucun enregistrement MTA-STS.
Gravité majeure : s'il est « À renforcer », la famille « Sécurité e-mail » ne peut pas dépasser « Partiel ».
Comment corriger. Publier un enregistrement TXT sur _mta-sts.<domaine> (« v=STSv1; id=… »), puis le fichier de politique sur https://mta-sts.<domaine>/.well-known/mta-sts.txt, d'abord en « mode: testing », puis en « mode: enforce » une fois vérifié.
Spécification RFC 8461 (MTA-STS)EMAIL-CAAAutorités de certification restreintes (CAA)MineurPourquoi c'est important. Pour se faire passer pour le site en HTTPS, un attaquant doit obtenir un certificat à son nom. Par défaut, n'importe laquelle des nombreuses autorités de certification peut en émettre un. CAA restreint cette liste aux seules autorités choisies par l'entité.
Comment ça fonctionne. L'enregistrement CAA, publié dans le DNS du domaine, nomme les autorités autorisées, par exemple Let's Encrypt. Les autorités sont tenues de le consulter avant d'émettre un certificat.
Comment c'est évalué.
- Solide : un enregistrement CAA est publié.
- À renforcer : aucun enregistrement CAA : toute autorité peut émettre un certificat pour le domaine.
Gravité mineure : il compte dans le score de la famille, sans jamais plafonner sa note.
Comment corriger. Publier dans la zone DNS du domaine un enregistrement CAA qui nomme la ou les autorités utilisées, par exemple « 0 issue "letsencrypt.org" ».
PKI Consortium – Certification Authority AuthorizationEMAIL-TLSRPTRapports d'échec de chiffrement SMTP (TLS-RPT)MineurPourquoi c'est important. Si les autres serveurs n'arrivent pas à livrer un e-mail chiffré au domaine – certificat expiré, configuration cassée, attaque -, personne n'est prévenu. TLS-RPT leur demande d'envoyer un rapport : un problème de messagerie entrante est alors repéré rapidement.
Comment ça fonctionne. Un enregistrement DNS sur _smtp._tls.<domaine> indique l'adresse qui reçoit ces rapports. Il complète MTA-STS.
Comment c'est évalué.
- Solide : l'enregistrement TLS-RPT est publié.
- À renforcer : aucun enregistrement TLS-RPT.
Gravité mineure : il compte dans le score de la famille, sans jamais plafonner sa note.
Comment corriger. Publier un enregistrement TXT sur _smtp._tls.<domaine> (« v=TLSRPTv1; rua=mailto:tls-rapports@exemple.ch »).
Spécification RFC 8460 (TLS-RPT)Questions fréquentes
Ces analyses de cybersécurité sont-elles intrusives ?
Non. Tout ce qui est mesuré ici est public et déjà lu par n’importe quel visiteur ou serveur de messagerie : les en-têtes renvoyés par la page d’accueil, des enregistrements DNS interrogés à chaque courriel reçu, et le fichier security.txt là où il est publié. S’y ajoutent deux bases publiques, consultées sans jamais contacter l’entité : la liste de préchargement HSTS intégrée aux navigateurs et la base de routage du RIPE NCC (RIPEstat). Aucun test d’intrusion, aucune recherche de vulnérabilité, aucune tentative d’authentification, aucun formulaire soumis. Une seule requête par domaine et par passage sert toutes les familles de contrôles à la fois, et le User-Agent des sondes désigne cette page, pour qu’un exploitant qui inspecte ses journaux sache d’où vient le trafic.
Pourquoi le résultat détaillé des entités n’est-il pas public ?
Publier « tel site n’applique pas telle protection » revient à dresser une liste de cibles, ce qui n’aide personne à corriger. Cette page publie donc des agrégats : combien d’entités appliquent les bonnes pratiques, dans quelles proportions, et comment la situation évolue. La carte montre le verdict de chaque entité, jamais la liste de ses manques. Le fichier security.txt fait exception et reste public car il permet de désigner à qui signaler une faille.
Qui peut consulter le résultat détaillé d’une entité ?
Le responsable de la sécurité des systèmes d’information (CISO) de l’entité concernée, ou de la collectivité dont elle dépend : un CISO cantonal voit son canton et l’ensemble des communes de ce canton, un CISO communal voit sa commune. Des portées sectorielle et nationale existent pour les organisations qui coordonnent plusieurs établissements.
Qui peut obtenir un accès, que voit-il de plus, et comment le demander ?
L’accès est ouvert aux responsables sécurité des entités suivies, sur demande et après vérification. Dans sa portée, un accès approuvé donne le détail contrôle par contrôle, la liste de ce qui reste à corriger, l’historique de chaque entité, une fiche PDF et l’analyse consolidée avec son plan d’action. La demande se fait sur cette page : demander un accès.
Que mesure le score de sécurité et comment est-il construit ?
Chaque contrôle porte un poids et une gravité. Le résultat d’une famille de contrôles est évalué selon trois niveaux : « Solide » à partir de 80 % des points, « Partiel » à partir de 40 %, « À renforcer » en dessous. Deux plafonds s’appliquent ensuite, quel que soit le total : un contrôle critique en échec ramène à « À renforcer », un contrôle critique partiel ou un contrôle majeur en échec interdit de dépasser « Partiel ». Le score global est la moyenne des sondes ayant produit un verdict, sur la même échelle. Ce qui n’a pas pu être mesuré reste « Non évalué » et n’entre pas dans cette moyenne. Pour en savoir plus : le détail des poids et des gravités, contrôle par contrôle.
Que sont les indicateurs complémentaires, affichés à titre informatif ?
Des mesures relevées à chaque analyse pour éclairer, sans noter : accès en IPv6 du site et de la messagerie, inscription dans la liste de préchargement HSTS des navigateurs, signature RPKI de la route vers le serveur, certificat des serveurs de messagerie ancré dans le DNS (DANE), traceurs publicitaires ou d’audience et polices Google appelés par la page d’accueil, opérateur et pays d’enregistrement des adresses du site et de la messagerie. Elles n’entrent dans aucun résultat : ces pratiques restent peu répandues ou dépendent de l’hébergeur, et une page lue sans exécuter de script ne dit pas si un traceur attend le consentement du visiteur. Le pays est celui sous lequel l’adresse est enregistrée, en général le siège de l’opérateur, pas l’emplacement du serveur. Le public en voit les parts par périmètre ; le détail par entité reste réservé à ses responsables sécurité.
À quelle fréquence ces données sont-elles mises à jour ?
Chaque périmètre est analysé sur une base mensuelle. La date exacte de la mesure affichée figure en tête des statistiques, plus haut sur cette page, et l’historique en conserve la trace mois après mois. Une correction apportée par une entité apparaît donc au passage suivant, pas le jour même.
Que concerne la sécurité e-mail ?
Pas le contenu des messages, mais la capacité d’un tiers à écrire au nom du domaine. Les contrôles portent sur des enregistrements DNS publics, que chaque serveur de messagerie interroge déjà à la réception d’un courriel. Ils se publient dans la zone DNS, sans toucher au site web ni à la messagerie elle-même. Ils portent sur le domaine qui envoie réellement le courrier : quand les adresses d’une entité n’utilisent pas le domaine de son site (adresses au nom de la commune pour un site de service industriel, par exemple), c’est le domaine des adresses qui est mesuré. Les huit standards, les pièges courants et la trajectoire de p=none à p=reject : le guide complet de la sécurité des emails.
SPF, DMARC, DNSSEC : que fait chacun ?
SPF déclare quels serveurs ont le droit d’envoyer du courrier pour le domaine. DMARC indique au destinataire quoi faire des messages qui échouent à cette vérification – les laisser passer, les mettre en quarantaine ou les rejeter – et où envoyer les rapports : un SPF sans DMARC constate la fraude sans la bloquer. DNSSEC signe les réponses DNS pour qu’elles ne puissent pas être falsifiées en route, ce qui protège les deux premiers – un SPF parfait ne sert à rien si la réponse qui le porte peut être remplacée. S’y ajoutent CAA (quelles autorités peuvent émettre un certificat pour le domaine), MTA-STS et TLS-RPT (chiffrement du transport SMTP, et rapports d’échec). Le rôle de chacun, standard par standard : le guide de la sécurité des emails.
Pourquoi le DKIM n’est-il pas mesuré ?
DKIM compte, et sa signature est d’ailleurs utilisée par DMARC. Mais il n’est pas mesurable passivement : contrairement à SPF et DMARC, une clé DKIM se publie sous un sélecteur libre (default._domainkey, google._domainkey, selector1._domainkey…). Le vérifier supposerait de deviner ce nom, c’est-à-dire d’énumérer des sous-domaines – hors du mode passif des contrôles réalisés ici. Le fonctionnement de DKIM et son lien avec DMARC : le guide de la sécurité des emails.