Un hôpital suisse peut-il être usurpé par e-mail ? Trois enregistrements publiés dans la zone DNS du domaine permettent aux serveurs destinataires de démasquer la supercherie : SPF, DMARC et DNSSEC. Un e-mail qui semble provenir d’un hôpital — fausse facture, faux rappel de rendez-vous — gagne une confiance immédiate, ce qui en fait un vecteur de fraude particulièrement efficace.
Aucun scan de vulnérabilités, aucune tentative d’exploitation. Ces contrôles se limitent à lire des informations déjà publiques — les mêmes qu’un navigateur ou un serveur de messagerie reçoit de toute façon en se connectant normalement à ce site.
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Historique des évolutions
| Période | Solide | Partiel | À renforcer | Non évalué | Total |
|---|---|---|---|---|---|
| 2026-08 | 1 | 28 | 18 | 0 | 47 |
| 2026-09 | 1 | 28 | 18 | 0 | 47 |
Catalogue des contrôles
Détail technique de chaque contrôle ci-dessous. Sources : en-têtes HTTP, enregistrements DNS, fichier security.txt. Vérification automatique et périodique (hebdomadaire ou mensuelle selon le jeu de données) par DCOD, dans le cadre d'un observatoire public de la sécurité des sites suisses. Une question, ou besoin d'exclure un domaine ? hello@dcod.ch
Sécurité e-mail
Enregistrements DNS publics qui empêchent d'envoyer un courriel en se faisant passer pour cette entité.
EMAIL-SPFExpéditeurs de courrier autorisés (SPF)CritiqueDéclare quels serveurs ont le droit d'envoyer du courrier au nom du domaine. Sans lui, n'importe qui peut se faire passer pour l'entité auprès des administrés.
Publier un enregistrement TXT « v=spf1 … -all » listant les serveurs autorisés. Terminer par -all (rejet) : sans cela, l'enregistrement n'a pas d'effet contraignant réel (~all ne fait que marquer, ?all ne fait rien), et « +all » autorise au contraire le monde entier. Un seul enregistrement SPF par domaine : plusieurs annulent la protection.
- Aucun enregistrement SPF n'est publié pour ce domaine.
- Deux enregistrements SPF (ou plus) sont publiés en même temps : selon la RFC 7208, les serveurs destinataires doivent alors ignorer complètement la vérification (permerror), comme s'il n'y en avait aucun.
- L'enregistrement publié se termine par « +all », qui autorise explicitement n'importe quel serveur à envoyer du courrier au nom du domaine – une autorisation générale, pas une protection incomplète.
- L'enregistrement publié se termine par « ~all » (marquage) plutôt que « -all » (rejet) : purement indicatif, un serveur destinataire a le droit de délivrer quand même le courriel frauduleux normalement. Le domaine reste donc usurpable en pratique.
- L'enregistrement publié ne se termine ni par « -all » ni par « ~all » (et n'utilise pas non plus « redirect= ») : il ne restreint donc aucun expéditeur.
EMAIL-DMARCPolitique appliquée aux courriels frauduleux (DMARC)CritiqueIndique aux serveurs destinataires quoi faire des courriels qui échouent aux vérifications, et permet de recevoir des rapports sur les tentatives d'usurpation.
Publier un TXT sur _dmarc.<domaine>, en commençant par « v=DMARC1; p=none; rua=mailto:… » pour observer, puis durcir vers p=reject (p=quarantine reste une étape intermédiaire : le courriel frauduleux atteint quand même la boîte du destinataire). Une fois à p=reject, viser pct=100 (ou l'omettre, valeur par défaut) et sp=reject si le domaine a des sous-domaines. Un seul enregistrement DMARC par domaine : plusieurs font ignorer la politique par les destinataires.
- Aucun enregistrement DMARC n'est publié sur _dmarc.<domaine>.
- Deux enregistrements DMARC (ou plus) sont publiés en même temps : selon la RFC 7489, les destinataires doivent alors ignorer la politique (permerror), comme s'il n'y en avait aucune.
- Un enregistrement DMARC existe, mais sans balise « p= » exploitable (none, quarantine ou reject) : les destinataires ne savent pas quoi faire des courriels non conformes.
- La politique publiée est « p=none » : c'est l'étape de surveillance recommandée avant de durcir, mais elle ne bloque ni ne marque encore aucun courriel frauduleux.
- La politique publiée est « p=quarantine » : les courriels frauduleux sont déviés vers les indésirables plutôt que rejetés – une réduction réelle du risque, mais le message atteint quand même la boîte du destinataire et reste à sa merci.
- La politique « p=reject » n'est appliquée qu'à une fraction des courriels frauduleux (balise « pct= » inférieure à 100) : le reste retombe sur une politique plus faible, comme si aucun rejet n'était configuré pour cette part-là.
- Le domaine lui-même est bien protégé (« p=reject »), mais ses sous-domaines le sont moins (balise « sp= » plus faible) : un courriel usurpant un sous-domaine (ex. newsletter.<domaine>) peut échapper au rejet.
EMAIL-DNSSECRéponses DNS signées et vérifiables (DNSSEC)MajeurSigne les réponses DNS du domaine, ce qui empêche de rediriger silencieusement les visiteurs ou le courrier vers un serveur illégitime.
Activer DNSSEC chez l'hébergeur de la zone DNS (souvent une simple case à cocher), puis publier l'enregistrement DS chez le registraire.
En savoir plus ↗Questions fréquentes
Peut-on vraiment usurper l’identité d’un hôpital par e-mail ?
Sans SPF ni DMARC correctement configurés, rien n’empêche un tiers d’envoyer un e-mail avec l’adresse d’expéditeur du domaine légitime. Le message peut sembler provenir de l’hôpital alors qu’il n’en est rien.
SPF seul suffit-il ?
Non. SPF sans DMARC ne bloque rien côté destinataire : c’est DMARC qui indique quoi faire d’un message qui échoue à la vérification, et qui permet de recevoir des rapports sur les tentatives d’usurpation.
Cela demande-t-il de toucher au site web ?
Non, ce sont des enregistrements DNS, gérés indépendamment du site web et de son hébergeur.
Est-ce payant ?
Non. SPF et DMARC sont de simples enregistrements DNS TXT ; DNSSEC est généralement proposé sans frais par les registraires suisses (souvent une case à cocher).