TL;DR : L’essentiel
- Le volume global des signalements volontaires atteint 27 128 cas en Suisse, auquel s’ajoutent 200 déclarations obligatoires des exploitants d’infrastructures critiques, confirmant une activité criminelle stabilisée à un niveau élevé.
- L’escroquerie financière représente 39% des notifications, dynamisée par le démarchage téléphonique et le stratagème du faux entretien d’embauche ciblant les développeurs et cadres pour dérober des millions en cryptomonnaies.
- Le secteur du rançongiciel totalise 79 attaques observées et connaît un morcellement inédit : la part du groupe dominant Akira chute à 19%, face à l’émergence de 29 familles criminelles distinctes.
L’Office fédéral de la cybersécurité a enregistré 27 128 signalements de cyberincidents au premier semestre 2026, confirmant une persistance durable des menaces numériques à un niveau particulièrement élevé en Suisse. Détaillé dans son rapport semestriel 2026/1, ce bilan intègre également 200 déclarations obligatoires issues d’exploitants d’infrastructures critiques depuis l’application de la nouvelle législation. Ces incidents majeurs ont frappé en priorité l’administration publique à hauteur d’un peu plus de 19% des cas, suivie de près par le secteur informatique et des télécommunications avec près de 19% des déclarations, les accès non autorisés par vol d’identifiants représentant le principal mode d’intrusion initial.
Dans la sphère économique, la fraude financière s’est arrogé 10 759 signalements, portée par l’explosion du démarchage téléphonique direct et des scénarios d’ingénierie sociale poussés. Les assaillants ont notamment déployé la méthode dite du faux entretien d’embauche sur les réseaux professionnels pour piéger des développeurs et des directeurs. Les criminels les amenaient à exécuter un faux exercice de test sur des dépôts de code ou à installer une prétendue mise à jour de visioconférence, infectant leurs postes avec des programmes espions afin de siphonner des portefeuilles de cryptomonnaies pour des montants atteignant parfois près de 60 millions de francs suisses.

Le front de l’extorsion a comptabilisé 79 attaques par rançongiciel, révélant une redistribution profonde de l’écosystème criminel sur le territoire helvétique. Le groupe Akira a vu son hégémonie reculer d’environ 35% à 19% des attaques avec 15 cas recensés, tandis que le paysage s’est morcelé entre 29 familles opérationnelles différentes, dont Qilin, DragonForce et The Gentlemen. Même si les infrastructures critiques suisses n’ont subi aucun acte de sabotage destructeur direct, l’autorité nationale exhorte les entreprises à verrouiller leurs équipements de périmètre et leurs accès distants face aux débordements possibles des tensions internationales.
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