TL;DR : L’essentiel
- Des fourgons de surveillance équipés de caméras ont réalisé 100 déploiements dans 43 localités différentes.
- Le système a généré neuf fausses alertes qui ont toutes provoqué un contrôle policier sur la voie publique.
- Les associations de défense des libertés contestent le calcul officiel du taux d’erreur et dénoncent une surveillance biométrique sans soupçon préalable.
La police d’Australie-Occidentale a achevé une expérimentation de cinq mois consistant à analyser les visages dans l’espace public grâce à des caméras mobiles reliées à ses bases de données, aboutissant à 122 interpellations directes. D’après les informations rapportées par The Guardian, le dispositif a scanné 1’380’882 personnes au total via des fourgons sérigraphiés envoyés dans 43 secteurs urbains ou régionaux, y compris lors d’événements populaires comme la foire agricole de Perth. Les caméras ont comparé chaque passant à une liste de signalements policiers, pixelisant puis supprimant immédiatement les images des personnes non recherchées selon les forces de l’ordre.
Ce recours direct à l’identification biométrique en direct tranche avec les règles en vigueur en Europe, où l’AI Act interdit par principe ce procédé à la police dans l’espace public hors exceptions très strictes. En France, les enquêteurs doivent se limiter à comparer a posteriori des images d’enquêtes avec les photos judiciaires enregistrées dans le fichier TAJ, tandis que la vidéosurveillance algorithmique prolongée par la loi Ripost jusqu’à la fin de l’année 2030 détecte seulement des situations prédéterminées comme les mouvements de foule, comme le rappelle Clubic. En Australie, les autorités ont revendiqué un taux d’erreur minime en s’appuyant sur les neuf cas où des passants ont été pris pour des suspects, chaque alerte erronée ayant néanmoins donné lieu à une interpellation et à un interrogatoire par des agents sur le terrain.
Plusieurs organisations juridiques comme Civil Liberties Australia et le Human Rights Law Centre ont dénoncé une collecte biométrique de masse menée sans le moindre soupçon d’infraction, rappelant que les algorithmes de ce type présentent historiquement des risques accrus d’erreurs sur les minorités. L’autorité locale de protection de la vie privée a également mis en garde contre les atteintes collectives aux données personnelles sans avoir été associée à la mise en place du test. La police a retiré ses véhicules de surveillance pour lancer une évaluation interne sur l’efficacité des garde-fous techniques, tandis que les tribunaux doivent encore déterminer combien des 122 arrestations déboucheront sur une condamnation définitive.
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