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Ransomware : 37% des victimes subissent un second chantage

  • Marc Barbezat
  • 9 août 2026
  • 4 minutes de lecture
Un professionnel face à un ordinateur portable affichant un écran rouge avec un cadenas et l'inscription Ransomware, illustrant le risque pour les victimes de subir un second chantage.
Face aux ransomwares, 54% des organisations paient mais 37% d’entre elles subissent une seconde extorsion. L’IA rend ces attaques encore plus crédibles.

TL;DR : L’essentiel

  • Selon une enquête menée par Proofpoint auprès de plus de 900 responsables de sécurité, un peu plus de la moitié des organisations victimes de rançongiciel choisissent de payer la somme exigée pour restaurer leurs activités.
  • Céder au chantage ne garantit pas la fin de l’incident. Près de 37% des entreprises ayant versé une première rançon subissent immédiatement une seconde demande d’extorsion de la part des pirates.
  • L’intelligence artificielle renforce considérablement l’efficacité des piratages. Elle élimine les erreurs de rédaction et génère des pièges d’ingénierie sociale crédibles que près de 40% des salariés ne parviennent pas à détecter.
  • Le vol de données accompagnant les attaques, les cybercriminels conservent les fichiers confidentiels sur leurs serveurs après le règlement financier. Cette persistance alimente de nouvelles pressions et tentatives de chantage ultérieures.
▾ Sommaire
TL;DR : L’essentielRansomware : 37% des victimes font face à un second chantageL’intelligence artificielle optimise l’ingénierie sociale et les pièges d’accèsAnalyseLes défaillances de sécurité et la persistance du vol de donnéesQuestions fréquentes sur les ransomwares et la réextorsionPourquoi le paiement d’une rançon conduit-il souvent à une seconde extorsion ?Comment l’intelligence artificielle rend-elle les cyberattaques plus crédibles ?Qu’est-ce que la technique d’attaque nommée ClickFix ?Pourquoi les outils de sécurité traditionnels échouent-ils face aux nouvelles attaques ?

Face aux cyberattaques par rançongiciel, un peu plus de la moitié des entreprises victimes choisissent de payer la somme exigée par les cybercriminels sans pour autant garantir la restitution de leurs données. En conservant une copie des fichiers sensibles exfiltrés, les attaquants transforment ce versement financier en un engrenage de réextorsion plutôt qu’en une solution définitive.

Ransomware : 37% des victimes font face à un second chantage

Le règlement financier d’une extorsion numérique ne constitue toujours pas une porte de sortie fiable pour les organisations touchées. Comme l’analyse une enquête rapportée par TechCrunch, plus d’un tiers des entreprises ayant accepté de payer font face à une demande financière supplémentaire. Les attaquants ont transformé le modèle du rançongiciel, passant d’une simple transaction unique à un processus de pression continue reposant sur l’exfiltration préalable de données confidentielles.

Les affaires récentes, relayées par la presse spécialisée TechCrunch, illustrent parfaitement cet engrenage. Par exemple, lors du piratage de Change Healthcare, l’entreprise a dû verser deux rançons distinctes à la fois aux pirates principaux et à leurs affiliés pour éviter la divulgation de 192 millions de dossiers médicaux. De même, chez le spécialiste Klue, un accord conclu avec un groupe d’extorsion n’a pas empêché une autre équipe criminelle de récupérer des échantillons de données. Par ailleurs, les forces de l’ordre britanniques ont découvert lors du démantèlement de LockBit que les données de victimes restaient stockées sur les serveurs des attaquants longuement après le versement des fonds.

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Intelligence artificielle pour découvrir des failles vulnérabilités de sécurité

65 % des victimes de ransomware ont confirmé que l’utilisation de l’IA avait rendu l’attaque plus efficace (source : Proofpoint)

L’intelligence artificielle optimise l’ingénierie sociale et les pièges d’accès

L’accès initial aux réseaux informatiques repose massivement sur la manipulation des collaborateurs plutôt que sur des failles logicielles pures. Les attaques par hameçonnage via des liens frauduleux représentent 47% des intrusions, tandis que les pièces jointes pièges en constituent 46%. Grâce à l’intelligence artificielle générative, les attaquants éliminent les fautes de syntaxe, imitent les chartes graphiques et simulent des communications d’entreprise crédibles. Dans 40% des cas, les attaques paraissent suffisamment légitimes pour que les utilisateurs ne nourrissent aucun soupçon.

Parallèlement, les méthodes de contournement technique gagnent en ingéniosité. La technique émergente nommée ClickFix illustre ce changement : au lieu de télécharger un fichier infecté, l’utilisateur voit s’afficher un faux message d’erreur ou un contrôle CAPTCHA lui demandant de copier-coller une commande PowerShell dans la boîte d’exécution Windows. De même, les attaques de type device code phishing incitent les victimes à valider un code sur une vraie page d’authentification Microsoft 365, transférant directement leur jeton de session aux pirates sans déclencher d’alerte sur l’authentification multifacteur (MFA).

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Analyse

Cette analyse confirme que le paiement de la rançon constitue définitivement un mauvais choix stratégique. L’enquête menée par Proofpoint auprès de plus de 900 entreprises révèle en effet que plus d’un tiers des victimes ayant cédé au chantage ont immédiatement subi une seconde tentative d’extorsion.

Marc Barbezat
Marc Barbezat
Éditeur de DCOD — Cyber, IA & Tech

Les défaillances de sécurité et la persistance du vol de données

Les dispositifs de protection traditionnels peinent à stopper ces offensives axées sur le facteur humain. Selon les conclusions présentées dans le rapport de Proofpoint, les filtres de sécurité de la messagerie n’ont détecté aucune anomalie dans un tiers des incidents recensés. De plus, pour 30% des entreprises touchées, bien que les outils aient généré des alertes, le temps de réaction disponible s’est avéré insuffisant pour bloquer la progression des attaquants. L’utilisation d’outils d’IA comme Lovable permet désormais aux cybercriminels de déployer automatiquement des milliers de sites d’hameçonnage imitant des plateformes de partage de fichiers.

Graphique en barres comparant les victimes de ransomware aux États-Unis à la moyenne mondiale selon trois critères : 93% des entreprises américaines paient la rançon contre 54% dans le monde ; 60% subissent le vol de données sensibles contre 36% dans le monde ; 81% constatent que l'IA a renforcé l'efficacité de l'attaque contre 65% au niveau mondial. (Crédit : Proofpoint / 2026 AI-Era Ransomware Report)
Les entreprises américaines surpassent la moyenne mondiale pour l’ensemble des indicateurs de vulnérabilité et de paiement des ransomwares. (Crédit : Proofpoint / 2026 AI-Era Ransomware Report)

La gestion d’un incident de cybersécurité impose donc de repenser l’ensemble des mécanismes de défense. Face à un taux de paiement atteignant 93% aux États-Unis contre 33% en France, les décisions d’urgence doivent privilégier la neutralisation des accès compromis et la protection de l’identité numérique plutôt que la négociation.

En synthèse, céder aux exigences financières des pirates informatiques n’offre aucune garantie de récupération et alimente directement la réextorsion. La protection des entreprises passe désormais par la sécurisation stricte des identités et la détection précoce des manipulations d’ingénierie sociale.

Questions fréquentes sur les ransomwares et la réextorsion

Pourquoi le paiement d’une rançon conduit-il souvent à une seconde extorsion ?

Le versement d’une somme d’argent indique aux cybercriminels que l’entreprise est disposée à payer pour protéger ses opérations. Possédant toujours les données exfiltrées, les attaquants utilisent ce moyen de pression pour exiger de nouveaux règlements financiers.

Comment l’intelligence artificielle rend-elle les cyberattaques plus crédibles ?

L’intelligence artificielle permet aux attaquants de rédiger des messages sans fautes d’orthographe et parfaitement adaptés au contexte professionnel de la victime. Elle automatise également la création de faux sites web légitimes pour tromper la vigilance des utilisateurs.

Qu’est-ce que la technique d’attaque nommée ClickFix ?

ClickFix est une méthode d’ingénierie sociale qui affiche de fausses erreurs ou vérifications CAPTCHA à l’écran. Elle incite la victime à exécuter manuellement une commande PowerShell malveillante dans son système sans télécharger de fichier.

Pourquoi les outils de sécurité traditionnels échouent-ils face aux nouvelles attaques ?

Les outils traditionnels recherchent des fichiers ou des codes malveillants connus dans les systèmes. Les attaques actuelles utilisent des identifiants valides et des commandes légitimes, rendant la détection automatique très difficile.

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Marc Barbezat

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