TL;DR : L’essentiel
- Amazon Web Services a reconnu la perte irrémédiable de données clients hébergées à Bahreïn et aux Émirats arabes unis après des frappes de drones et de missiles iraniens sur ses centres de données.
- Les destructions matérielles ont excédé les capacités de résistance de plusieurs zones de disponibilité régionales, rendant impossible la restauration des serveurs touchés malgré six mois d’interventions techniques.
- Cet incident souligne l’impératif de sauvegardes distantes et fait écho à OVHcloud, condamné après l’incendie de Strasbourg pour avoir conservé les copies de secours dans le même bâtiment que les serveurs.
Amazon Web Services a confirmé la perte définitive de données clients hébergées dans plusieurs de ses centres de données à Bahreïn et aux Émirats arabes unis, consécutivement à des frappes militaires menées par des drones et des missiles iraniens. Selon les informations publiées par Ars Technica, la zone de disponibilité identifiée sous le nom de mec1-az2 aux Émirats arabes unis a subi des dégâts matériels irréversibles empêchant l’accès aux serveurs, tandis que l’ensemble des trois zones de la région de Bahreïn est devenu inaccessible. Les infrastructures ont essuyé une première attaque de drones le 1er mars 2026, suivie d’une réplique le 1er avril 2026 puis d’un tir de missiles le 24 juillet 2026 validé par imagerie satellite, poussant le fournisseur à suspendre la facturation et à allouer 150 millions de dollars de crédits après six mois de tentatives infructueuses de restauration.
Cette destruction matérielle illustre le risque critique lié à l’absence d’isolement géographique des sauvegardes, à l’image du précédent judiciaire d’OVHcloud après l’incendie de Strasbourg survenu dans la nuit du 10 au 11 mars 2021. Comme le détaille L’Usine Digitale, le tribunal de commerce de Lille métropole a condamné l’hébergeur à verser 100 000 euros à son client Bati Courtage, qui réclamait initialement un peu plus de 6 millions d’euros. Les juges ont sanctionné le non-respect des engagements contractuels de protection, les copies automatisées étant stockées dans le même bâtiment que le serveur principal détruit, au sein d’une installation dépourvue de coupure électrique d’urgence et d’extinction automatique.
Qu’il s’agisse d’un incendie accidentel ou de frappes militaires ciblées, la vulnérabilité découle directement de la concentration physique des sauvegardes face à un même sinistre destructeur. Face aux 140 entreprises réunies dans un recours collectif contre OVHcloud comme face aux clients d’Amazon Web Services, l’argument de la force majeure se heurte aux limites concrètes des architectures insuffisamment réparties. Amazon Web Services a d’ailleurs reconnu que les frappes avaient dépassé les seuils de tolérance de ses infrastructures régionales, enjoignant ses clients à basculer vers des régions distantes sans perspective de rétablissement complet avant le début de l’année 2027.
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